La réécriture du mythe d'Ulysse dans L'Ignorance de Milan Kundera

Název: La réécriture du mythe d'Ulysse dans L'Ignorance de Milan Kundera
Variantní název:
  • Rewriting the myth of Ulysses in Milan Kundera's L'Ignorance
Rozsah
365-376
  • ISSN
    1803-7399 (print)
    2336-4416 (online)
Type: Článek
Jazyk
 

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Abstrakt(y)
L'Ignorance de Milan Kundera traite de l'exil et de l'émigration. En particulier, l'auteur repense l'essence de l'émigration à travers l'expérience d'Irena et de Josef, deux protagonistes qui ont quitté leur pays natal lors de l'invasion russe en 1968. Kundera réécrit le mythe homérique pour dédramatiser le statut de l'émigrant tout en montrant les avantages de l'émigration et l'illusion du « grand retour ». De ce point de vue, l'Ulysse d'Homère n'échappe pas à cette illusion si bien qu'il est mécontent dès son arrivée à Ithaque. D'une manière générale, Kundera lutte contre les stéréotypes voyant dans l'émigrant un être de souffrances. Il cherche, en particulier, à dépouiller l'émigration de sa dimension sentimentale, lyrique et politique. De plus, le roman pose le problème de l'altérité dans un contexte d'émigration. L'émigré subit ainsi une ambivalence culturelle telle qu'il n'est pleinement reconnu ni dans son pays d'adoption ni dans sa terre natale. Il incarne en fait la figure de l'être transfrontalier.
Milan Kundera's Ignorance is a literary meditation on exile and emigration. In particular, the author rethinks the essence of emigration through the experience of Irena and Josef, two protagonists who left their native country during the Russian invasion in 1968. Kundera rewrites the Homeric myth to play down the status of the emigrant while showing the advantages of emigration and the illusion of the "great return". From this point of view, Homer's Ulysses does not escape this illusion, so much so that he is dissatisfied as soon as he arrives in Ithaca. In a general way, Kundera fights against the stereotypes of the emigrant as a being of suffering. In particular, he seeks to strip emigration of its sentimental, lyrical and political dimensions. Moreover, the novel poses the problem of otherness in a context of emigration. The nightmares of Irena and her husband, Martin, reveal the complexity of the return, the cruelty and the effects of totalitarianism. The emigrant is thus subjected to such cultural ambivalence that he is not fully recognized either in his adopted country or in his native land. He embodies in fact the figure of the transborder being.